En France, on en mange 7,3 kg par an par habitant (loin derrière l’Italie avec 28 kg par an par habitant) et pourtant on ne les fait quasiment jamais soi-même. Aujourd’hui, une petite recette de pâtes fraîches très simple à réaliser. Démonstration…
Ingrédients (pour 4 ou 5 personnes) :
- 400 grammes de farine de blé dur (bio de préférence, sinon de la farine blanche)
- 4 gros œufs bio
Temps de préparation : 1 heure
Sur votre plan de travail, disposez votre farine en tas et faites un puit. Certaines recettes préconisent d’y mettre une pincée de sel, je pense que ce n’est pas nécessaire mais c’est vous qui voyez. Cassez et mettez vos œufs dans le puit puis pétrir le tout jusquà obtention d’une pâte homogène. Si votre pâte est un peu trop humide, rajoutez de la farine et à l’inverse, si elle est trop sèche, rajouter un peu d’eau.
Si vous vous sentez un brin de folie, vous pouvez colorer vos pâtes !!! A ce moment-là, trois options à considérer avant de mélanger la farine aux œufs :
- concentré de tomates pour du rouge
- encre de seiche pour du noir
- épinards pour du vert
Je précise que c’est plus pour la couleur que pour le goût.
Farinez votre boule de pâte et sortez soit votre machine à pâtes (c’est mon cas), soit votre rouleau à pâtisserie.
Option machine :
Passez à cinq reprises la pâte dans votre machine en réduisant les crans à chaque fois afin d’obtenir une pâte de plus en plus fine. Lorsque la pâte est prête à être coupée, farinez-la avec générosité afin qu’elle ne colle pas et s’accumule dans la machine (c’est l’erreur que j’ai commis). J’ai le choix entre les tagliatelles et les cheveux d’ange mais ça changera pas le goût non plus.
Option rouleau :
Là, ça demande un peu plus d’efforts. Il faut fariner et aplatir votre pâte jusq’u à obtention d’une épaisseur de deux millimètres maximum. Il est très important d’avoir une pâte aussi fine que possible afin de pouvoir la cuire correctement. Une fois votre pâte prête, coupez-la en lamelle façon tagliatelles.
Il faut ensuite faire sécher vos pâtes soit sur un plateau saupoudré de farine ou mieux, sur un séchoir à pâtes pendant une à deux heures.
Enfin, portez à ébullition deux litres d’eau salée et faites cuire vos pâtes pendant trois minutes.
Prévoyez un grand contenant car la farine fait mousser l’eau et les risques de débordement sont importants.
Voilà, c’est prêt à déguster avec des filets de saumon en papillote, une daube de bœuf, alla carbonara…ou même nature avec une noix de beurre.
Selon une étude de l’université de Manchester, la tomate comporte des antioxidants qui permettent une protection renforcée contre le soleil.
L’expérience a consisté à faire manger du concentré de tomates à des volontaires pendant une période de 12 semaines. Les volontaires nourris au concentré de tomates ont développé une peau plus résistante aux coups de soleil (33% plus résistante aux rayons UV). Cependant, selon le professeur Lesley Rhodes de l’Université de Manchester, il ne faut surtout pas penser que la tomate remplace tout simplement la crême solaire ; il s’agirait plutôt d’un très bon complément.
L’antioxidant présent dans la tomates s’appelle le lycopène. Cet antioxidant a la capacité de neutraliser les molécules malines qui apparaissent lorsque la peau est exposée au soleil. Il agit également comme rempart contre les cellules responsables du vieillissement et du cancer. Alors mangeons des tomates, peut-être cela fera-t-il venir le beau temps…
En tant que consommateur bio, figurez-vous que je me fais livrer mes fruits et légumes à domicile une fois par semaine…
“Quel luxe!” me direz-vous. Et bien cela est en fait beaucoup plus rentable que de faire mes achats au magasin bio du coin (qui au passage a la majorité de ses produits qui viennent de l’autre bout du monde, merci pour l’environnement…). Abel and Cole nous propose donc toute une gamme de produits pour lesquels on choisit soi-même les quantités et les fréquences de livraison.
Personnellement, je reçois ma livraison tous les Jeudis, des fruits et légumes pour deux personnes pour toute la semaine. La qualité est indiscutable et les produits sont frais comme si ils avaient été récoltés le matin même.
Abel and Cole respecte de nombreux principes de l’agriculture responsable tels que la certification biologique (quelques rares produits sont en conversion), la localité (la majorité des produits viennent de la banlieue Londonienne) et enfin la saisonnalité. Quelques fruits tropicaux sont parfois inclus mais ne sont jamais transportés par avion. Ceci étant dit, si vous désirez uniquement des produits locaux, vous pouvez le spécifiez en cochant ou décochant certains produits de votre commande. Les cagettes en carton sont collectées et réutilisées et l’utilisation de packaging est minimisée (un sachet plastique ou papier de temps à autre).
En plus de manger des produits de qualité, ces livraisons me donne l’occasion de manger des légumes que je n’achèterai pas de moi-même en temps normal. Et puis quand on rechigne à manger certains de ces légumes, on en fait de la soupette et le tour est joué…
Alors qu’est-ce qu’il y a de bon dans ma cagette cette semaine ?
- 4 bananes
- 6 kiwis
- 6 oranges
- 500g de carottes
- 1 salade
- 4 onions
- 2 courgettes
- 200g de champignons
- 1 aubergine
- 500g de pommes de terre
Le tout pour la somme de 15 livres (soit 20 Euros), ce qui est relativement bon marché puisqu’on est tout de même à Londres, et plein de choses à cuisiner pour la semaine avec l’aide de recettes fournies avec les produits. Bon appétit…
La chaîne de restaurants Mc Donalds servira du café éthique dès l’année prochaine en Australie…
En 2009, tous les cafés vendus dans les restaurants McDo en Australie seront certifiés “Rainforest Alliance“. Les 484 restaurants de la chaîne dans le pays vendent quelques 5000 cafés quotidiennement. La Rainforest Alliance certifie les producteurs réduisant leur utilisation de pesticides dans les plantations et traitant leurs employés décemment.
Un des responsables de McDo en Australie indique que les clients auront, en plus du café, une bonne conscience et qu’il s’agit d’un progrès pour l’entreprise dans sa politique de développement durable.
A quand donc chez McDo la totalité des produits bio et équitable et ce dans le monde entier ?
Hier en Angleterre a eu lieu la très célèbre course « Double Gloucester Rolling and wake »…
Connaissez-vous le Double Gloucester ? Et bien il s’agit d’un fromage originaire de la région de Gloucestershire en Angleterre (voir carte). Ce fromage est composé d’un mélange de lait de vache de la traite du matin et de la traite de l’après-midi, d’où son nom ‘Double’ Gloucester. Pour vous donner une idée, son goût s’apparente à celui de la Tomme de Savoie.
Pour en revenir à notre petite course, il s’agit d’une tradition de plus de 200 ans qui consiste à courir derrière le fromage dans une pente. Le vainqueur de la course est celui ou celle qui franchit la ligne d’arrivée en premier afin de remporter le fromage. En théorie, le fromage doit être attrapé mais en pratique, c’est quasiment impossible car le fromage prend beaucoup trop de vitesse et arrive avec une bonne longueur d’avance sur les concurrents. Pour la petite histoire, le fromage, qui peut atteindre la vitesse de 100 km/h, a blessé un spectateur en 1997 (il est vrai que 4 kg de fromage à cette vitesse dans la tête, ça ne pardonne pas).
La course est décrite ainsi : « Vingt jeunes poursuivent sur 200 mètres un fromage en dégringolant d’une colline, jusqu’en bas où ils sont ramassés par des infirmiers et emmenés à l’hôpital. » ; un nombre important de participants se blesse donc chaque année (voir vidéo).
Mais au bout du compte, je n’ai pas réussi à savoir si, en guise de récompense, il y avait dégustation gratuite de Double Gloucester pour tous les participants (l’essentiel étant de participer et non pas de gagner).
“L’omelette au pastis, c”est comme qui dirait la bouillabaisse, ou l’aïolï, mais pour le dessert.” (Fabulous Trobadors)
Ingrédients pour 4 personnes:
- 6 œufs bio
- une noix de beurre bio
- 3 cuillères à soupe de pastis bio (oui, oui, ça existe!!!)
- 1 cuillère à soupe de sucre bio et équitable
- piment de Cayenne bio en poudre
Battez dans un saladier les œufs que vous avez choisis avec soins. Ajoutez-y le pastis et le piment de Cayenne a votre convenance.
Dans une poêle, mélangez le beurre et le sucre afin de caraméliser le tout.
Enfin, versez-y votre mélange et faites cuire le temps nécessaire.
NB : En fonction de la taille de votre poêle et du nombre d’œufs, il se peut que vous ayez besoin de retourner votre omelette comme une tortilla espagnole. Dans ce cas, aidez-vous d’une assiette. Bon appétit…
PETA (People for the Ethical Treatment of Animals), l’équivalent de la SPA aux Etats-Unis, vient de lancer un concours avec comme premier prix une somme de un million de dollars…
PETA propose un million de dollars à quiconque sera capable de produire de la viande in vitro en laboratoire, autrement dit sans tuer d’animal. Il s’agirait donc de produire de la chair à partir de cellules souches. On obtiendrait ainsi un produit de synthèse qui ressemblerait à de la viande, aurait le goût de la viande mais ne serait pas de la viande. Selon les experts, cette technique de reproduction in vitro est en passe de devenir un véritable succès (du moins scientifique) mais il faudra encore attendre plusieurs années avant que le produit ne soit disponible au grand public.
Pourquoi PETA supporte cette initiative ?
Chaque année, plus de 40 milliards de poulets, porcs, vaches et poissons sont tués aux Etats-Unis dans des conditions cruelles. La technologie in vitro éviterait donc la souffrance animale et réduirait l’impact de l’élevage sur l’environnement.
PETA, qui milite durement pour le végétarisme, fait donc une concession de taille en expliquant qu’il n’est pas nécessaire de manger de la viande mais qu’elle accepte de faire un effort pour aider les consommateur de viande à éviter la souffrance et la mort d’animaux.
Les règles
Pour ce qui est des règles du concours, le vainqueur devra d’abord produire une viande semblable au niveau du goût à celle que nous connaissons. Puis, la viande devra être produite à grande échelle et commercialisée dans au moins dix états des Etats-Unis à un prix compétitif. Bon courage…
Le designer français Mathieu Lehanneur a conçu Local River, un concept de réfrigérateur-aquarium qui permet d’élever des poissons en même temps que de faire pousser des légumes.
Ce concept est inspiré des locavores de San Fransisco qui se nourrissent exclusivement de produits locaux, réduisant ainsi l’impact du transport sur l’environnement et conservant la fraîcheur des produits. Local river permet donc de produire soi-même sa nourriture en milieu urbain.
Les plantes légumineuses qui poussent sur l’eau permettent de purifier l’eau des nitrates et autres minéraux produits par les déjections des poissons.
Pour ceux qui auraient l’occasion d’aller à New York, le concept sera exposé à la Artists Space Gallery jusqu’au 21 juin 2008.
Jane Goodall, spécialiste des primates depuis plus de trente ans et farouche végétarienne, vient de sortir un livre en collaboration avec Gary McAvoy et Gay Hudson. L’ouvrage, Nous sommes ce que nous mangeons, dénonce les conditions d’élevage et d’abattage des animaux, la surexploitation et la pollution des mers et des sols, les menaces d’une alimentation bourrée de graisses, de sucres, de pesticides, d’herbicides, d’antibiotiques et j’en passe et des meilleurs…
Certes, le livre dénonce certaines pratiques mais nous informe également des alternatives (tout comme le fait La Grande Bouffe Ethique!!!). A donc mettre entre les mains de tous les consomm’acteurs.
Nous sommes ce que nous mangeons par Jane Goodall chez Actes Sud (23 euros)
Du 25 Avril au 11 mai 2008, partout en France sera célebrée la quinzaine du commerce équitable.
Je rappelle très rapidement que le commerce équitable est “un mouvement social et un partenariat commercial qui obéit à différentes normes sociales, économiques et environnementales ayant pour but d’améliorer la situation des producteurs qui y adhèrent. Le mouvement privilégie les échanges commerciaux Nord-Sud, tout particulièrement dans les secteurs alimentaires et des matières premières (café, cacao, sucre, thé, bananes, miel, coton, fruits frais etc.) mais aussi dans l’artisanat. » (source : Wikipedia)
Cette 8ème édition de la quinzaine du commerce équitable permet de promouvoir un commerce reposant sur des partenariats commerciaux où le dialogue, la transparence et le respect de l’homme sont primordiaux. Toute une série d’événements auront lieu dans plusieurs villes de France. Pour plus d’infos, allez voir le site.
Pour les marseillais (j’en fais partie), c’est par ici.
Comment être écolo dans sa cuisine ? Greenpeace Canada nous donne quelques conseils pour économiser de l’énergie, de l’eau, manger mieux et minimiser les déchets…
LES ÉLECTROMÉNAGERS
Le réfrigérateur consomme plus d’énergie que tout autre électroménager, mais on peut réduire la consommation d’énergie en procédant comme suit :
• Garder la température du réfrigérateur de 3 à 5°C et du congélateur de -17 à -15°C.
• Afin de conserver l’énergie, essayer d’ouvrir la porte du réfrigérateur moins souvent et pendant moins longtemps.
• Ne pas mettre le réfrigérateur dans un endroit chaud, par exemple près d’une source de chauffage ou en plein soleil.
• Au moins une fois l’an, nettoyer le serpentin de condenseur à l’arrière ou au bas du réfrigérateur pour un fonctionnement plus efficace.
• Garder propre le joint de la porte, afin d’empêcher qu’il ne soit détérioré par des aliments séchés.
AUTRES MESURES RECOMMANDÉES
• Avant d’acheter de gros électroménagers, vérifier et comparer les rapports énergétiques (voir photo). Ils indiquent le nombre de kilowatt-heures (kWh) d’énergie consommée par mois.
• Utiliser une bouilloire électrique, car elle consomme moitié moins d’énergie que la cuisinière pour faire bouillir l’eau.
• Pour la cuisson des aliments, choisir des ustensiles en verre, qui cuisent plus rapidement que ceux en métal. Afin de réduire la consommation d’énergie, il serait bon que le feu de la cuisinière soit de même dimension que la base de l’ustensile de cuisson.
• Employer un autocuiseur, qui consomme peu d’énergie et convient bien aux aliments se situant « au début de la chaîne alimentaire ».
• Ne pas gaspiller d’énergie à préchauffer le four, car la plupart du temps, cela n’est pas nécessaire. Pour les pâtisseries et les gâteaux, il suffit de préchauffer le four 10 minutes. Il est aussi possible d’éteindre le four 15 minutes plus tôt pour des mets comme les rôtis et les plats en cocotte, car la chaleur du four est suffisante pour finir la cuisson.
• Réduire le feu lorsque l’eau arrive à ébullition. L’eau sera à la même température que si elle bouillait à gros bouillons.
LES ALIMENTS
• Manger des aliments se situant au début de la chaîne alimentaire, car la production de fruits et de légumes demande beaucoup moins d’énergie que celle de la viande.
• Non seulement la consommation de fruits et de légumes biologiques réduit la quantité de pesticides présents dans l’environnement, mais elle est également plus saine pour soi-même, les agriculteurs et les préposés à la manutention des aliments. Il suffit de rechercher l’étiquette « AB – Agriculture Biologique ».
• Consommer des fruits et des légumes locaux, plus frais, qui risquent moins d’être paraffinés et traités aux pesticides.
• Enlever l’excédent de gras de la viande et de la volaille et éviter de consommer des produits laitiers ayant une forte teneur en gras. De nombreux polluants chimiques présents dans l’environnement s’accumulent dans le gras.
• Ne pas conserver les aliments dans des sacs de plastique. Utiliser des contenants en verre pour conserver les aliments au réfrigérateur, mais faire attention car les contenants en verre ne vont pas tous au congélateur.
• Ne jamais utiliser un contenant de plastique pour faire chauffer des aliments au micro-ondes. Lorsqu’ils sont chauffés, même les contenants de plastique approuvés pour utilisation au micro-ondes peuvent transmettre des agents chimiques aux aliments.
• Si l’on doit utiliser un emballage en plastique, il est recommandé de ne pas le laisser venir en contact direct avec les aliments et de s’assurer qu’il ne s’agit pas de polychlorure de vinyle (ou PVC).
LES DÉCHETS
• Acheter des produits en vrac. Ils sont moins chers et l’emballage est réduit.
• Éviter les contenants de plastique, car ils sont fabriqués avec divers types de plastiques coûteux et difficiles à trier et à recycler.
• Choisir des produits offerts dans des contenants rechargeables ou réutilisables.
• Composter les résidus de cuisine.
• Choisir des produits fabriqués de matières recyclées.
PETITS CONSEILS
• Mettre un contenant d’eau potable au réfrigérateur de manière à éviter de faire couler souvent l’eau du robinet jusqu’à ce qu’elle refroidisse pour boire un verre d’eau.
• Garder un bol d’eau dans l’évier pour se rincer les mains en préparant les repas.
• Si l’usage d’un lave-vaisselle est nécessaire, le faire fonctionner à pleine charge, au cycle économique. Pour une meilleure efficacité énergétique, arrêter l’appareil après le rinçage, et laisser sécher la vaisselle à l’air.
• Utiliser des essuie-mains et des serviettes de table en tissu plutôt qu’en papier.
• L’eau vient à ébullition plus vite s’il y a un couvercle sur la casserole.
• Ne pas laisser couler l’eau tout en faisant la vaisselle.
• La cuisson d’aliments congelés prend plus d’énergie, donc les faire dégeler au préalable.
Bagarres mortelles pour le pain en Egypte, émeutes en Haïti, à l’heure où deux milliards d’êtres humains sont mal nourris et 800 millions sont sous-alimentés, les émeutes de la faim se multiplient sur la planète. Succession de mauvaises récoltes, augmentation de la population mondiale, évolution des régimes alimentaires de pays émergents tels que l’Inde et la Chine. Voici quelques uns des facteurs qui expliqueraient la hausse des prix des principales denrées alimentaires. Mais le facteur le plus montré du doigt semblerait être l’essor des agrocarburants…
En tant que consommateurs, nous nous sommes bien évidemment rendus compte de la hausse des prix de certains produits alimentaires ces derniers temps. A l’échelle mondiale, par exemple, le prix des céréales a augmenté en 2007 de 42 % et celui des produits laitiers de 80%. Afin d’expliquer cette hausse des prix, l’OCDE (Organisation for Economic Co-operation and Development) a répertorié certains facteurs tels qu’une série de mauvaises récoltes et l’augmentation de la population mondiale. Ces dernières sont également accompagnées d’évolution de la consommation en Chine et en Inde. Ces deux pays s’ouvrent en effet actuellement aux modes de consommation occidentaux et une partie de leurs populations change ainsi ses habitudes alimentaires. La part des produits d’origine animale (lait et viande) est en nette augmentation dans la composition de ces nouveaux régimes alimentaires « à l’occidental » et qui dit plus de viande dit plus de céréales pour nourrir les animaux.
Enfin, nous assistons actuellement à un engouement sans précèdent pour les biocarburants de la part de nombreux gouvernements. L’Union Européenne souhaite en effet, d’ici à 2020, assurer 10% de ses besoins énergétiques pour le transport grâce aux agrocarburants. Cet objectif semble cependant peu réaliste puisqu’il impliquerait la conversion de presque trois quarts des terres agricoles (très exactement 72%) à des fins énergétiques. En d’autres termes, nous aurions du biocarburant bon marché pour prendre nos voitures et allez faire nos courses, mais il n’y aurait malheureusement plus rien sur les rayons. Les Etats-Unis et la Chine, quant à elles, ne font guère preuve de plus de réalisme car elles ont également déclarer vouloir assurer une partie relativement importante de leurs besoins en agrocarburants (respectivement 5 % d’ici à 2012 et 15 % d’ici à 2010). Les pays en développement s’intéressent également de très près à cette manne à l’image du Sénégal qui a récemment crée un ministère des agrocarburants alors que le pays a récemment été confronté a des émeutes de la faim.
C’est dans ce contexte que de hauts responsables des Nations Unis posent aujourd’hui la question de savoir si la sécurité alimentaire mondiale est menacée par ce phénomène. Selon Josette Sheeran, directrice du Programme Alimentaire Mondial (PAM), la conversion de terres agricoles à des fins énergétiques se fait au détriment de la sécurité alimentaire alors qu’il est estimé qu’une augmentation de 50% de la production agricole serait nécessaire d’ici a 2030 afin de subvenir aux besoins alimentaires de la population mondiale. De son côté, le rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation, Jean Ziegler, estime que « la fabrication de biocarburants est aujourd’hui un crime contre l’humanité ». Jean Ziegler dénonce en fait plus spécifiquement les subventions aux cultures énergétiques dans les pays occidentaux : « Quand on lance, aux Etats-Unis, grâce à six milliards de subventions, une politique de biocarburant qui draine 138 millions de tonnes de maïs hors du marché alimentaire, on jette les bases d’un crime contre l’humanité pour sa propre soif de carburant ». Les cultures énergétiques étant subventionnées, elles sont donc très rentables et il n’est pas surprenant de les voir se développer au détriment des cultures alimentaires. Aujourd’hui, les principaux végétaux utilisés pour la fabrication de biocarburants sont le soja, le blé, le colza, le maïs ou la betterave ; autant d’aliments qui ne finiront pas dans l’assiette des gens.
Alors je pose la question : Manger ou conduire, faut-il choisir ? Et bien oui, l’un est besoin vital, l’autre ne l’est pas. Dans un contexte où la sécurité alimentaire mondiale est menacée, il faut encadrer l’essor des biocarburants avec précaution et repenser l’agriculture de demain. Le 15 Avril dernier, des experts ont d’ailleurs publié un rapport appelant à soutenir les petits paysans et à intensifier les recherches en agroécologie et considérant les biocarburants comme une menace potentielle aux cultures alimentaires, qu’elles soient intensives, extensives ou vivrières.
Les agrocarburants ou biocarburants représentent un possible alternative énergétique à long terme mais leur essor actuel provoque plus de problèmes que de solutions. Ils possèdent certes des avantages car ils émettent moins de dioxyde de carbone lors de leur consommation que les énergies fossiles et ils sont de surcroît renouvelables. Cependant, leur système de production doit être considérablement amélioré car les émissions de ce même dioxyde carbone sont également importantes lors du processus de fabrication (balance énergétique négative dans le cas de l’éthanol) et les techniques visant à utiliser uniquement les déchets agricoles pour produire « l’or vert » sont loin d’être au point…
On a beau dire, il y a du bon et du mauvais partout. On peut par exemple très mal manger dans un restaurant français et se régaler dans un restaurant anglais, oui, oui, je vous assure ! Alors la semaine prochaine, je vais aller faire un tour au Realfood Festival (l’équivalent de nos salons du terroir) pour conforter mon opinion sur la bouffe anglaise. On trouve des produits de super qualité à Londres et je compte bien en déguster plein gratuitement. Enfin, quand je dis gratuitement, c’est pas tout à fait vrai puisque l’entrée est payante…
Alors pour les londoniens que ça intéresse :
Realfood Festival
Du 24 au 27 Avril 2008
Earl’s court 1, London Réservations : par internet ou au 0871 231 0831
Une recette simple à réussir pour finir les repas d’été en beauté.
Préparation : 15 minutes
Repos : 4 heures
Pour 6 personnes
Ingrédients :
- 250 grammes de mascarpone bio
- 3 gros œufs (ou 4 petits) bio
- 100 grammes de sucre équitable et bio
- Poudre de cacao amer équitable et bio
- Une pincée de sel de mer non raffiné
Vous pouvez également utiliser des ingrédients conventionnels, mais le but, c’est quand même d’être éthique !
- Séparez les jaunes des blancs dans deux saladiers différents.
- Mélangez les jaunes, le sucre et le mascarpone avec un fouet électrique jusqu’à obtention d’un mélange onctueux.
- Nettoyez ensuite votre fouet et utilisez-le pour monter vos blancs en neige avec une pincée de sel. Pour savoir si vos blancs sont bien en neige, prenez un peu de blanc avec une cuillère et retournez-la, si le blanc reste collé, c’est bon (voir photo).
- Incorporez les blancs en neige au mélange à l’aide du spatule jusqu’à obtention d’un mélange encore plus onctueux.
- Préparez un demi-litre de café bien corsé.
- Trempez les biscuits à la cuillère dans le café et disposez-les en couche au fond de votre plat.
- Mettez ensuite une couche du mélange puis alterner les couches en finissant par le mélange.
- Pour la touche finale, utilisez une passoire pour saupoudrer le cacao sur votre préparation.
- Et voilà, mettez au frigo au moins quatre heures de servir. C’est ça qu’est bien, pas de cuisson, pas de raté !
Je vous conseillerai un vin rouge de dessert (un porto ou un Maury) pour accompagner le tout. Bonne dégustation…
Aujourd’hui, un extrait du livre de Laurent Gaudé, Le soleil des Scorta, qui a remporté le prix Goncourt en 2004…
[…]Ce jour-là resta gravé dans la mémoire des Scorta. Car pour tous, adultes comme enfants, ce fut la première fois qu’ils mangèrent ainsi. L’oncle Faelucc’ avait fait les choses en grand. Comme antipasti, Raffaele et Guiseppina apportèrent sur la table une dizaine de mets. Il y avait des moules grosses comme le pouce, farcies avec un mélange a base d’œufs, de mie de pain et de fromage. Des anchois marinés dont la chair ferme et fondait sous la langue. Des pointes de poulpes. Une salade de tomates et de chicorée. Quelques fines tranches d’aubergines grillées. Des anchois frits. On se passait les plats d’un bout à l’autre de la table. Chacun piochait avec le bonheur de n’avoir pas à choisir et de pouvoir manger de tout.
Lorsque les assiettes furent vides, Raffaele apporta sur la table deux énormes saladiers fumants. Dans l’un, les pâtes traditionnelles de la région : les troccoli à l’encre de seiche. Dans l’autre, un risotto aux fruits de mer. Les plats furent accueillis avec un houra général qui fit rougir la cuisinière. C’est le moment ou l’appétit est ouvert et ou l’on croit pouvoir manger pendant des jours. Raffaele posa également cinq bouteilles de vin du pays. Un vin rouge, rugueux, et sombre comme le sang du Christ. La chaleur était maintenant à son zénith. Les convives étaient protégés du soleil par une natte de paille, mais on sentait, à l’air brûlant, que les lézards eux-mêmes devaient suer.
Les conversations naissaient dans le brouhaha des couverts – interrompues par la question d’un enfant ou par un verre de vin qui se renversait. On parlait de tout et de rien. Guiseppina racontait comment elle avait fait les pâtes et le risotto. Comme si c’était encore un plaisir plus grand de parler de nourriture lorsque l’on mange. On discutait, On riait. Chacun veillait sur son voisin, vérifiant que son assiette ne se vide jamais.
Lorsque les grands plats furent vides, tous étaient rassasiés. Ils sentaient leur ventre plein, Ils étaient bien. Mais Raffaele n’avait pas dit son dernier mot. Il apporta en table cinq énormes plats remplis de toute sorte de poissons pêchés le matin même. Des bars, des dorades. Un plein saladier de calamars frits. De grosses crevettes roses grillées au feu de bois. Quelques langoustines même. Les femmes, à la vue des plats, jurèrent qu’elles n’y toucheraient pas. Que c’était de trop. Qu’elles allaient mourir. Mais il fallait faire honneur à Raffaele et Guiseppina. Et pas seulement a eux. A la vie également qui leur offrait ce banquet qu’ils n’oublieraient jamais. On mange dans le Sud avec une sorte de frénésie et d’avidité goinfre. Tant qu’on peut. Comme si le pire était à venir. Comme si c’était la dernière fois qu’on mangeait. Il faut manger tant que la nourriture est là. C’est une sorte d’instinct panique. Et tant pis si on s’en rend malade. Il faut manger avec joie et exagération.
Les plats de poisson tournèrent et on les dégusta avec passion. On ne mangeait plus pour le ventre mais pour le palais. Mais malgré toute l’envie qu’on en avait, on ne parvint pas à venir à bout des calamars frits. Et cela plongea Raffaele dans un sentiment d’aise vertigineux. Il faut qu’il reste des mets à table, sinon, c’est que les invités n’ont pas eu assez. A la fin du repas, Raffaele se tourna vers son frère Guiseppe et lui demanda en lui tapotant le ventre : « Pancia piena ? » Et tout le monde rit, en déboutonnant sa ceinture ou en sortant son éventail. La chaleur avait baissé mais les corps repus commençaient à suer de toute cette nourriture ingurgitée, de toute cette joyeuse mastication. Alors Raffaele apporta en table des cafés pour les hommes et trois bouteilles de digestifs : une de grappa, une de limoncello et une d’alcool de laurier,[…]
Le soleil des Scorta de Laurent Gaudé aux éditions J’ai lu.